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Dans ce texte, Kant aborde la question de la conscience morale. Il commence ainsi par définir cette dimension de la conscience qui se présente comme un juge intérieur que chacun a. Il souligne ainsi qu'il est impossible de lui échapper. En d'autres termes, chacun est toujours rattrapé par sa conscience, par ce juge intérieur qui nous fait saisir ce qui est bien et ce qui est mal. Cela ne signifie pas que les hommes agissent nécessairement bien, mais qu'il sont susceptibles toujours d'être saisis par ce juge intérieur. C'est ainsi qu'il n'y a pas besoin d'autres personnes que soi pour se sentir coupable. les hommes peuvent mal agir et il serait absurde de soutenir le contraire, mais lorsqu'ils agissent mal, ils finissent toujours par entendre la voix de ce juge intérieur qui leur rappelle. Ils peuvent alors le suivre ou ne pas le suivre. Dès lors, même si cette conscience est toute intérieure, elle s'impose à nous comme s'il s'agissait d'une autre personne nous rappelant à l'ordre. Kant va donc s'attacher à décrire et à préciser ce en quoi consiste cette conscience morale. Elle équivaut ainsi à la position d'un autre en nous-mêmes qui nous juge. Il y aurait en quelque sorte comme un dédoublement de personnalité. Comment comprendre cela ? Tout d'abord parce qu'il serait absurde que celui qui juge et celui qui est jugé soit une seule et même personne. On voit en effet difficilement comment la personne pourrait alors se donner tort. La conscience est donc amenée à poser l'existence d'un autre qui juge, un autre en soi-même. Or qui peut juger ? Dans un tribunal c'est le juge qui a cette fonction, mais qu'en est-il dans le champ de la morale ? Si cet autre est un individu déterminé, il peut aussi avoir un intérêt dans le jugement qu'il va prononcer. Il faut donc que le jugement émane d'une personne désintéressée qui doit pouvoir juger comme tout le monde devrait juger. N'est-ce pas cela qu'on nomme l'universalité ? Pensez alors ici à cette formule de Kant qui nous dit d'agir de manière à ce qu'on puisse ériger la maxime de notre action en loi universelle de la nature. N'est-ce pas alors ce dédoublement donc Kant nous parle ici qui rend possible l'universalité du jugement ? Vous pouvez alors souligner la référence ultime à la raison ici afin de montrer que la moralité ne repose peut-être pas simplement sur le sentiment. Néanmoins, certaines questions peuvent être posées ici. N'est-il pas possible de mal agir sans éprouver aucune culpabilité ? Pensez ici à ce qui fut raconté par Hanna Arendt suite au procès de Eichmann à Jérusalem lorsque ce dernier, accusé d'être l'auteur de la solution finale a dit n'éprouver aucun remords et avoir agi par devoir... Vous trouverez de nombreux éléments pour développer ces points en vous reportant aux sujets indiqués au bas de cette réponse. Voilà les premières pistes que nous vous proposons. Nous espérons qu'elles vous seront utiles. N'hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos difficultés et de l'évolution de votre réflexion.

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 08:21